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Logo ASI FondTransparent                                                                                                                 Le 11 juin 2020

A l’attention du Professeur FENOLL

Pilote du 3ième pilier « Simplification des organisations et du quotidien » Ségur de la Santé

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Contributions

 

Les simplifications des organisations au niveau des gouvernances dans le cadre du Ségur de la Santé doivent produire de meilleurs services aux patients, usagers et aidants, et  une facilitation des relations entre les professionnels de santé pour une plus grande efficacité en associant les usagers.

La crise sanitaire liée au Covid-19 a montré l'adaptation des professionnels  et des étudiants tout en pointant les aptitudes nouvelles à développer que ce soit dans le domaine de la télémédecine et du numérique, mais aussi l'articulation renforcée de l'hôpital avec la médecine de ville et le médico-social. Il convient de mettre en place une véritable politique nationale et régionale en santé publique efficace et coordonnée entre tous les acteurs de santé et en considérant les compétences et expertises de chaque métier dont les infirmiers. Ainsi, la réponse aux besoins de santé sera plus efficace et efficiente en assurant des parcours de santé approprié.        

 

            Placer le patient et l’usager au centre du système de santé en favorisant une participation des usagers plus élargie dans les gouvernances nationales et territoriales

            Imposer des ratios de patients par infirmier :  Nécessité de mettre en place des effectifs infirmiers par patient pour répondre à leur sécurité et le bien être de chaque soignant à l’instar d’un grand nombre de pays

            Généraliser la mise en place du dossier médical partagé avec les professionnels de santé : Outil de coordination obligatoire entre professionnels au service des usagers.

            Réformer la gouvernance du système de santé,  faciliter les circuits administratifs et moderniser  les moyens  tout en prônant l’équité:

Décloisonner avec une réelle approche globale articulant  hôpital, ville et le médico-social et des interventions coordonnées décidées avec l’ensemble des professionnels de santé dont les infirmiers : accès aux soins, qualité des soins, régulation, prévention, éducation pour la santé, médecine scolaire et du travail, vaccinations, modernisation de la médecine de ville et des équipements numériques notamment pour les IDE intervenant à domicile, indemnisation frais transports identiques pour tous les professionnels de santé en libéral. Les actes infirmiers demandent à être valorisés par une modification et évolution des textes et notamment avec une reconnaissance de la consultation infirmière de 1ere recours.

Simplifier le fonctionnement des instances en nombre et en circuit trop complexe au niveau des territoires,

 

             Développer  le leadership infirmier en santé publique et dans les réseaux de soins

Dans l’intérêt des professionnels de santé comme celui des usagers, patients, aidants, le leadership infirmier permet une bonne collaboration interprofessionelle et apporte une plue-value au niveau managérial et administratif mais aussi des décideurs politiques. Il s’agit de ne plus considérer les soins infirmiers comme une série d’actes techniques mais comme un engagement politique contribuant à l’évolution du système de santé.

Le leadership infirmier par la voie des «  chefs de files » infirmiers dans tous secteurs d’activité et dès la formation porte sur la réflexion critique, l’intervention et la représentation de la profession en se référant au rôle propre infirmier.

En outre, le service sanitaire a mis en exergue les compétences infirmières dans la maîtrise de la démarche en santé publique (Pr VAILLANT).

Le leadership infirmier facilitera la coordination des programmes d’éducation thérapeutique dans les réseaux de soins, et des dispositifs de formation dans le cadre de la médecine scolaire ou du travail  ainsi que la PMI.

 Accélérer le processus d’intégration universitaire de la filière infirmière : une priorité

Le développement de la recherche en sciences infirmières permettra de se consacrer à des travaux pour améliorer les connaissances cliniques et les transférer dans la pratique.

Les Sciences Infirmières ont apporté leurs bénéfices dans d’autres pays et malheureusement sont  peu optimisées dans le système de santé français. L’intégration universitaire s’impose réellement comme une priorité pour toute la formation infirmière et le développement de la recherche. Pour autant, à ce jour, cette intégration s’annonce encore bien hétérogène sur le territoire.

D’autre part, l’acquisition de connaissances et de compétences pluridisciplinaires doivent normaliser l’accès des étudiants ou infirmiers jeunes diplômés en M1 dans des Master du LMD dans la discipline en sciences infirmières.

La création des conseils nationaux professionnels de la profession appelés à être regroupés en structure fédérative et la création de la Section des Sciences Infirmières au Conseil National Universitaire (CNU) légitiment une vision forte d’une filière infirmière et la mise en place d’Ecole en sciences infirmières. A l’instar d’autres pays, il importe de développer la filière doctorale encore trop timide en France et notamment dans la discipline de Santé publique. Il en est de même pour des postes de professeurs et enseignants chercheurs en sciences infirmières issus du corps de métier infirmier (infirmiers, cadres de santé, cadres supérieurs de santé et directeurs des soins) afin de participer à des projets de recherche en sciences infirmières ou pluridisciplinaires.

D’autre part, l'appui sur les données probantes issues des lectures de recherche demeure une garantie d'optimisation des pratiques au bénéfice des usagers du système de santé.

Favoriser  et optimiser les différentes voies universitaires pour les infirmiers

Acquérir une véritable culture universitaire dès la formation initiale niveau L.

Faciliter les voies universitaires pour les infirmiers selon le parcours du projet professionnel sur la base d’un objectif professionnel : philosophie, anthropologie, éthique en santé, sociologie, droit de la santé, droits des organisations de santé.

Des dispositifs pédagogiques et de gouvernance devraient permettre d'ancrer réellement le processus d'intégration universitaire et d'asseoir la discipline en sciences infirmières dans la dynamique du nouveau modèle du système de santé en France.

 

Gilberte HUE